( 21 octobre, 2014 )

Livre de l’Humanité II

 

Lorsque l’homme eut appris à marcher à courir,

Dès qu’il sut s’exprimer en langue reptilienne,

Le Souriant Saurien le pressa de venir

Chasser à ses côtés la viande quotidienne.

 

Et un jour père et fils arpentant les roseaux,

Virent un bovidé respirant l’opulence

Qui remuait les airs des pieds et des naseaux,

Présageant un combat puis une récompense.

 

Tandis que le reptile avec attention

Rodait furtivement tout autour de sa proie

Afin de repérer toute inadéquation

Qui pourrait lui ouvrir la stomacale voie,

 

Son descendant jeta les yeux sur le côté,

Il vit alors un arbre où parmi le feuillage

Pendait une banane et l’humain, étonné,

D’un geste délicat, cueillit le fruit sauvage.

 

Il réfléchit alors, habile logicien,

Et comprit qu’en mangeant la substance fruitière

Il s’épuiserait moins qu’en tuant le bovin

Autour de qui tournaient les griffes de son père.

 

L’Homme s’assit alors, et tout en épluchant

La banane volée aux branches bénéfiques

Il regarda sans sourciller l’assaut puissant

De son long paternel sur les jarrets iniques.

 

Quand il eut terrassé l’imprudent bœuf musqué,

Se tenant triomphant sur le corps phytophage,

L’Habile Musicien se trouva étonné

Que son fils bien-aimé soit absent du carnage.

 

Soudain il l’aperçu, paisiblement assis,

Contre le bananier, sous les feuilles fruitières,

Et la rage l’emplit : entre ses crocs rougis

Passèrent  violemment les phrases meurtrières :

 

« C’est donc par ce repas, misérable avorton,

Que tu veux rendre grâce à la gloire saurienne ?

Qu’as-tu fait de ton sang, sordide rejeton ?

Aurais-tu oublié quelle race est la tienne ?

 

Je ne tolère pas un pareil descendant

Vas, tu n’es plus mon fils, sans faillir je renie

Un traitre tel que toi et sois sur que ma dent

S’enfoncera bientôt dans ta viande affaiblie

 

Si un jour à mes yeux tu oses te montrer

Car tu commets ici un crime impardonnable

Tu choisis de cueillir quand tu devais chasser

Tu deviens une proie, une chair consommable. »

 

Et sur cet anathème, en de sombres roseaux,

S’enfonça tristement le Puissant Crocodile

Et l’Homme silencieux, dernier des animaux,

Se trouvait expulsé de la table reptile.

( 21 septembre, 2014 )

- Livre de l’Ursidé – Chant Premier: La Venue de l’Ours

 

Il est temps de chanter le Divin Plantigrade,
Premier des invités au banquet du Saurien,
Immense guerrier, bâtisseur de longs stades,
Ivre de volupté plus souvent que de vin.

En mangeant du rôti assis autour de tables
Narrons par nos chansons, après quelques ébats
Les Faits de l’Ursidé, musicien indomptable :
Par des cuivres aigus que tonne son lourd pas

Que le Divin Roulis protège son École
Sous le rictus heureux du Souriant Saurien
La chaleur du Varan et puis ses amours folles
Et le soupir content du Prophète Porcin.

Musicien éclatant, grande bête placide
En triomphe coiffé de brun tirant sur l’or,
Sa carrure jouant des fleuves si rapides
Il guide les soldats pour la prise des forts

Concerto pour tambour joué à la trompette
Il charme de son chant les mortels et les dieux
Fait ripaille et rit haut et paterne la fête
Tout en gardant couvert le brasier et le feu.

Son esprit regorgeant des idées de l’Histoire
Vint un jour le Grand Ours, Violent Carnassier
À la verve aiguisée et au ton péremptoire
Farouche Guerrier, amateur de gibier

Éveillé par l’Enfant à la chanson légère,
Il lacère la peau dans le bas de son dos
En louant pieusement le Divin Dromadaire :
C’est ainsi qu’il bénit les Bons et les Idiots.

Dans la douleur de l’Ours mais aussi ses délices
Courons dans les grands champs et rions en sautant
En lisant ses plains-chants, en vidant des calices
Laissons-nous emporter de récits délirants

Le Grand Livre est ouvert et l’esprit s’illumine
Le Prophète de l’Ours et son prêtre avec lui
Honnissant le chameau, bénis des vues Porcines
Tonnent les Vérités : sage qui bien les lit.

( 16 juin, 2014 )

Le Livre de l’Humanité I

RECONNAISSANCE

 

 

Au temps où, regrettant son transport violent,

Le Souriant Saurien rappela son engeance,

Dans de grandes douleurs l’Aquatique Jument

Fit sortir de son sein sa triste descendance.

 

Car lorsqu’elle jaillit du ventre fluvial,

Le hurlement strident de sa progéniture,

Tira les ursidés du sommeil hivernal

Secouant brusquement la brutale nature.

 

Oyant ta longue plainte et ton cri déchirant

Les bœufs et les ovins, jusque-là impassibles

Cessèrent de brouter le gazon nourrissant

Et le grillon cessa ses accords invisibles.

 

Entre les murs boueux du palais paternel

Les reptiles, oyant ce soupir lamentable

Accoururent poussés par l’amour éternel

Qui fait du Zoophage un père irréprochable.

 

Ses parents, parvenus auprès du nouveau-né,

Embrassèrent en pleurs le tout premier des hommes,

Sa mère sans remords l’avait abandonné

Retournant se vautrer en de fangeux arômes.

 

Et le père éleva son enfant vers les cieux

Et les oiseaux chantaient cette grande nouvelle,

Et les lions poussaient de grands cris glorieux

Pour accueillir l’humain à la table rituelle.

 

Car l’improbable fruit d’une improbable union

N’était pas Crocodile et pas Hippopotame

Mais un être tout autre, étrange rejeton

De la Panse Grisâtre et de la Verte Flamme.

 

Lorsqu’il vit le faciès de son grand géniteur,

Le regard de l’enfant mêlait bonheur et crainte

Et l’aïeul reconnu que conçu dans l’honneur

Ce petit fils chez lui serai reçu sans feinte.

 

Viens te joindre au banquet ô fils du Prédateur

Viens chasser avec nous la cuisse phytophage

Honore la femelle et laisse la fureur

Et l’amour t’emporter en un élan sauvage !

 

Car triste est la pâture et l’herbage ennuyeux

Où vivent en troupeaux les bêtes asservies

Ne saura pas combler tes désirs curieux

Ni accomplir vraiment tes fougueuses envies.

 

A ces mots, des Sauriens la longue procession

Mena le nouveau-né aux portes paternelles

Afin de l’éduquer avec attention

Pour en faire un chasseur aux canines mortelles.

 

Et tandis que passait le cortège éclatant

Les prédateurs saluaient ce nouveau carnivore

Et la proie apeurée et son galop fuyant

Résonnaient sur le monde et résonnent encore.

 

 

( 13 mars, 2014 )

Livre des Maximes de Altheim Fils de Jebessé, Prince de Gobi, Second Recueil

 

Livre de l’Adversité

 

 

I. Les méchants, guidés par leur sombre appétit, toujours persécuteront les Gibbaux, grands chercheurs de l’unité. Non seulement ils désobéissent ainsi aux lois de l’univers en niant la sincère unité, mais ils nuisent aussi à eux-même : ils croient trouver un but dans cet assaut et modèlent leur vie vers la destruction des Justes, s’abritant dans cette occupation – en vérité, croyant marcher vers leur asile, ils ne font que fuir vers le néant, là où nulle source ne coule. Le Sage sait sa profonde unité, et se dresse par lui-même comme une tour ; il n’éprouve pas le besoin de chasser les insectes et les lézards qui parasitent sa muraille – une faible brise dissipera sa gêne, renvoyant les méchants dans la Mort humide.

II. Ne crains pas de manifester la gloire du porteur dans le monde, même si l’effigie peut être souillée et détruite par des mains aveugles  ; je vous le dis, la vérité du porteur est comme le lac calme cher à mon cœur : un pierre en elle jetée peut brouiller sa surface, mais toujours elle retrouvera son aspect limpide et inaltérable.

III. Il s’énerve et incrimine,sa bave se répand abondante sur la terre sèche ; mais mon cœur reste inébranlable – un roc, fort et indestructible par son unité même.

IV. Ne redoute pas la femme qui hurle à la nuit, et te poursuit de ses revendications ; mais blâme toi de t’avoir laissé la saisir – car comment blâmer le serpent, quand l’imbécile pose son pied dessus, dans sa marche insouciante ?

 

**

 

Livre de l’Art

 

I. Roman et poésie, images et danses grotesques – en vérité, cela ne m’atteint pas. Seul le chant du porteur sait ravir mon âme. Son chant est doux et viril, toujours uni car venant d’une même voix.

II. Malheur à l’artiste qui croit créer de lui-même, par sa propre existence et sa propre intelligence. C’est un enfant ingrat, qui ignore les dons que lui a octroyé son père. ; mais la voix du prophète résonne sur sa tête imbécile :

Que la douce clameur de tes rugissements

Accompagne mes vers sur ta voie aérienne

Que les modestes feux de mes éclairements

Soit le pauvre reflet de la flamme saurienne.

La Naissance (VIII)

car en vérité je vous le dis, tout ce qui est beau ne vient pas de l’homme, mais de ce que la voix du Dromadaire lui souffle au plus sombre de la nuit – quand les arbres balancent sans bruit sous le vent du sud, et que veillent des étoiles lointaines.

 

III. Malheur à l’artiste qui ne croit qu’à son instinct. Il néglige la profonde sagesse, qui est la voix du Bienveillant Porteur. Une tour n’est pas édifiée par le jeu d’ouvriers qui jetteraient des rocs comme des enfants jouent dans le sable, au bord de la maison – en vérité, il faut à la pierre que l’architecte l’ordonne, et la manifeste en une forme voulue. Ainsi l’artiste qui écrit pour le bienveillant porteur : son mot doit être cherché, et son chant construit avec labeur et exigence. Crains l’encre pâle du trop candide scripteur !

IV. Tout se révèle dans le grand vers ; tout ce qui est autre n’est que bruit à l’oreille de l’éclairé – car t’étant baigné dans le corps d’une femme noble aux formes taillées par l’exercice , te sera-t-il possible de replonger de les abysses d’un corps gras, qui ne connaît ni la danse ni l’amour ?

 

***

 

Livre de l’Orgueil

 

I. Crâne, roses, lyres : vanités, tant qu’elles ne viennent nourrir son autel.

II. Tu méprises les richesses, et vit tel un chien errant, les nerfs à vifs, toujours ton cœur bat fortement au bord de tes lèvres, toujours tu crois vivre en te consumant. Vanité, car tu n’as pas compris l’autre facette de l’unité : il te faut savoir aussi être Hippopotame, et savourer la douceur de ton séant assis, tandis qu’un met abondant emplit ton âme et ton corps.

III. Il croit écrire, et ne fait qu’étaler le pus dont a besoin son cœur. Fort généreusement certes !…mais d’une manière ô combien salissante. Son œuvre est semblable à une croupe de femme grasse : elle attire ton regard, mais n’a pour consistance que mollesse et facilité. Que le chanteur parcourt la mémoire des prophètes ou la chaleur des nuits dont l’opium emplit les ombres , les grandes demeures édifiés pour l’Hippopotame - mais qu’il ne parle pas de son cœur. Qu’il raconte les splendeurs de la cosmogonie, les faits glorieux du Grand Saurien, ou la félicité qu’il y a à apporter la voie– mais qu’il ne parle pas de son cœur. Seul ce qui repose sur la bosse du Porteur appelle nos chants.

IV. Le discours de l’homme de science, qui dissèque l’oiseau pour en percer le secret – sait-il seulement le rayon qui fit briller ses plumes dans le jardin ? Ayant ouvert sa gorge, peut-il cependant m’expliquer son chant ? « Peste, dit-il, nul science ne s’écrit avec des chants ! ». « Tu as raison, sourit le sage, et c’est bien là le péché de cette fille de l’homme trop arrogante, qui lit toute une nuit, tandis que son amant aux boucles noires se consume sous le balcon. ».

Or Ainsi parle La Voix dans les chants sacrés :

C’est parfois forniquant, dans les bras d’une amante,

Alors que la tension n’est pas à son plus bas,

Que viennent les visions de la Bienveillante

Le Chant Siphonaptère 

****

 

( 20 février, 2014 )

LA Naissance IX

Lassé d’ingurgiter ses picidés tout crus,
Le Homard Voyageur cherchait quelque artifice,
Qui puisse radoucir ses repas trop ardus
Par quelque addition gourmande et novatrice.

Il avait essayé tout ce que l’océan
Pouvait lui présenter d’épices et d’arômes
Aussi s’extirpa-t-il d’un fleuve trop lassant
Pour chercher sur le sol de nouveaux axiomes.

Ô heureuse rencontre ! Ô destin bienveillant !
L’immense crustacé, sur sa terrestre voie
Trouva le Grand Foreur, le Talpidé Géant,
Qui sut lui procurer une profonde joie.

Car la Taupe témoin de la liquéfaction
Des chameaux malveillants dans le sein de la Terre
Avait connu la flamme et la rouge éruption
Et la douce chaleur du brasier lucifère.

Ainsi le Brun Mineur s’empara d’un rocher
Et, saisi tout à coup d’un élan scientifique
Le frotta de sa griffe et tenta d’expliquer
Comment pouvait surgir la flamme magnifique.

Le gourmet vit alors quelle solution
Apporter à son vieux problème culinaire
Et comment le produit de cette friction
Pouvait améliorer son sinistre ordinaire.

Il lança des chevreuils, chassés tout récemment
Dans le foyer créé par la jeune étincelle
Et vit leur viande cuire en un grésillement
Et huma une odeur alléchante et nouvelle.

Fasciné tout autant par le goût merveilleux
Qu’avaient pris dans le feu ses prises ruminantes
Que par le rougeoiement et le port majestueux
Et la sainte chaleur des flammes ascendantes,

Le Grand Homard jura d’honorer à jamais
Cette auguste splendeur visuelle et gustative
Et il fit un serment : « Toujours je veillerai
Sur ce trésor sacré d’une pince attentive ».

Et alors commença un voyage ambitieux
Car le homard s’en fut faire le tour du monde
Semant sur son chemin de Gigantesques Feux,
Offrant aux alentours une chaleur féconde.

Chaque âtre ainsi créé put ainsi réchauffer
Par un sublime éclat une part de la Terre
La feuille refroidie ainsi put repousser
Et la neige cessa sa chute délétère.

Et depuis ce jour-là, sa marche se poursuit,
Lorsque son feu s’éteint, vient l’hiver implacable
Et quand il le ravive un été s’accomplit,
Faisant mûrir les blés et la framboise aimable.

( 22 janvier, 2014 )

Contribution picturale

 

 

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Le dromadaire et ses prophètes hibernent, mais leurs disciples, eux, sont toujours éveillés. Merci à cette divine contribution.

Louée soit la Bosse! Loué soit son Nom!

( 26 décembre, 2013 )

La Naissance VIII: Le Grand Accouplement

Ô Souriant Saurien permets-moi de chanter

L’accouplement sublime où nous prîmes naissance

Et que mon humble voix parvienne à s’élever

Jusqu’aux oiseaux chantant ta suprême puissance

 

Que la douce clameur de tes rugissements

Accompagne mes vers sur ta voie aérienne

Que les modestes feux de mes éclairements

Soit le pauvre reflet de la flamme saurienne.

 

Que le dentaire son de tes grands claquements

De mes songes divins soit l’auguste mesure

Et que tes serviteurs, de leurs doux sifflements,

Soutiennent le conteur de la Grande Aventure.

 

Car voici le récit du Grand Accouplement :

Suite à un dur éclat, le Puissant Crocodile

Avait désavoué son fils trop insolent

Et l’avait à jamais chassé du domicile ;

 

Mêlant la bile amère au sel de ses malheurs,

Le fils sauropsidé s’en fût, inconsolable,

Son amour contrarié, sa colère et ses pleurs

Lestèrent la fureur d’un désir insondable.

 

Il marcha tout un jour puis s’arrêta enfin

Devant le bord bourbeux d’une large rivière

Maudissant violemment les affres du destin

Il s’allongea, pensif, sur une vaste pierre.

 

Son regard fit alors un mouvement fatal

Car il vit se baigner l’unique héritière,

Le fidèle portrait de l’Equidé Fluvial

Dans le fleuve rougi par le coucher solaire.

 

Alors il hésita entre deux volontés :

Celle de l’honorer en en faisant bombance

Ou celle d’assouvir ses désirs décuplés

Et de la pénétrer de sa mâle puissance.

 

Le Saurien pesa donc et le vide et le plein

Mais dans le mouvement d’une âme généreuse

Il comprit bientôt quel était le moyen

Qui le contenterait autant que la baigneuse.

 

Le chasseur écaillé, silencieux, s’approcha

Des flancs si alléchants de la pauvre ongulée

Il bondit sur sa croupe et, brusquement, força

Le chaste bastion de la jument piégée.

 

Celle-ci pousse alors un long mugissement

Et tente d’échapper à l’étreinte puissante

Mais le vert prédateur s’accrochait fermement

Au derrière mouvant de sa proie imposante.

 

Devant la fermeté de son Vert Agresseur,

L’hippopotamidé céda à la panique

Et, son gras transporté par une immense peur,

On vit bientôt s’enfuir l’Ongulée aquatique.

 

Alors au son charmant d’un monde évanescent,

Entre grillons dansants et chouette effrayée,

Au milieu des parfums du cyprès enivrant,

Avait pu commencer la Grande Chevauchée.

 

Car deux nuits et deux jours, sans jamais s’arrêter,

L’Hippopotame fuit, course bien inutile :

Sur ses flancs rebondis, habile cavalier,

S’activait sans faillir le Puissant Crocodile.

 

Et lorsque ayant fini un travail acharné,

Le Saurien, accompli, mit enfin pied à terre,

L’arrière train meurtri et le corps épuisé,

S’effondra sur le sol la pauvre Jardinière.

 

Le fruit mystérieux de cet accouplement

Entre les deux géants déchirant notre terre

Fut l’Homme déchiré par l’Obèse et l’Amant,

Et siège douloureux d’un conflit millénaire.

 

Héritiers du Saurien, Fils du Ventripotent,

Nous sommes traversés par ces courants contraires

De là vint le malheur et notre égarement,

Et la pauvre illusion de nos joies éphémères.

( 26 décembre, 2013 )

Livre de l’Ursidé, Chant III Le chant Siphonaptère ou Le saut des Météores. Par le Grand Prêtre Bâtisseur de l’Ursidé, Sage Archiviste Catalyseur de la Violence, Ambassadeur des Météores.

C’est parfois forniquant, dans les bras d’une amante,
Alors que la tension n’est pas à son plus bas,
Que viennent les visions de la Bienveillante :
Des Célestes Rochers leur venue m’éclaira,

Me faisant pénétrer le vaste sanctuaire
Des représentations que nous avons du ciel
Car j’ai vu les raisons, dans les astres stellaires
De la venue chez nous d’un symbole éternel.

Sur le dos du Porteur, les Hôtes Bondissantes
Avaient élu demeure et depuis bien longtemps
Aussi elles sautaient sur ses joyeuses pentes
S’émerveillant des vols qui faisaient de ces flancs

Vastes terrains de jeux, forêt divinisée
Des poils du Porteur qui de la Terre a fardeau.
Mais d’aucune parfois s’élance émerveillée
Et grimpe toujours vers le sommet le plus haut.

Sans jamais s’arrêter, la Mirifique Puce,
Veut toucher au sublime et sur le beau Ballon
Se poser loin dehors du chaud sang qu’elle suce,
Libre soudain de choir et voir tout l’horizon.

Vers les prés verdoyants du Ciel et de la Terre,
Elle s’envole donc, puissant astronef.
Hélas Puce trop près s’approchant met en guerre,
Négligeant le danger car voulant transport bref,

Lui qui du feu d’amour brûle les égarées
Le Lumineux Varan amant du Lamantin,
Lui qui protège sans partage son Aimée
Le Varan Amoureux de jalousie contraint,

La chauffe de ses feux et la tue sans bisbille.
Depuis la Terre sots, voyant cela de loin,
Car nous n’avons pas l’heur alors que notre œil cille
De voir l’embrasement de l’Insecte Aérien,

Siphonaptère louée dans le grand Vide vogue
En direction du Plein, mais tué par le cœur
Du Varan Lumineux, le Flambeur d’Astrologues.
Que chute la comète en signe du Porteur.

( 3 décembre, 2013 )

Pensées

Il est une vision magnifique entre toutes
D’un grand camélidé soutenant sur sa Bosse
Le sphérique univers qu’aucun heurt ne cabosse
Sous lui est l’oasis au désert de nos doutes

( 3 décembre, 2013 )

Livre du Ventripotent Chapitre I: L’Eveil

Il fut enfin tiré, notre équidé fluvial,
De son repos profond, de sa sieste immense
Quittant et sa torpeur, et son sommeil royal
Son premier souci fut de remplir sa panse

Mais comment sans suer ni trop se dépenser
Renouveler le gras qui lui couvre le ventre ?
Il fallait qu’il trouvât un don pour compenser
La sphère molle dont son nombril est le centre

Oui, le Ventripotent s’autorisa l’effort
De labourer du sol une étroite parcelle
Mais ce travail fourni en vue du bien du corps
De terre devait bien tirer les fruits d’icelle

L’Imposant Jardinier, en semant son repas
S’éloignait du terrain avec insouciance
Et s’approchai bientôt d’un possible trépas
Tant sa faim lui disait de cultiver pitance

Quelques graines jetées plus loin dans les roseaux
Tombèrent par erreur en un lieu peu fertile
Germes qui aspiraient à la vase des eaux,
Et qui avaient atteint le dos du Crocodile !

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